Un gazettophile collectionne les journaux. La Belgique est la terre d'élection de la gazettophilie. L'Héphéméridophile (un numéro unique) est le premier titre recensé date du 22 février 1891 et deviendra, le 22 mars, Les Héphéméridophiles , bulletin mensuel du Cercle des collectionneurs de journaux de Bruxelles parution de plus d'un an plus un numéro titré Pressophile à l'occasion d'une excursion à Anvers. Il fut alors concurrencé, dès le 1er mai, par L'Echo brabançon, Revue mensuelle des collectionneurs de journaux. Vint en juin L'Échange, à Arlon, hebdomadaire (!), qui publia quatre numéros le premier mois, puis deux seulement en juillet, et s'arrêta avec le nº 7 en novembre. Le 2 août avait paru Petit Comptoir de la presse, autre émanation du Cercle des collectionneurs de journaux. (Au Courant / 2012). Aux cours des années suivantes, les créations, pour la plupart très éphémères, continuèrent à se multiplier dans tout le pays. Stéphane Brabant recense ainsi, dans un article paru dans le n° 58 du Petit Jour en septembre 1999, et dans un complément paru dans le numéro suivant, pas moins de vingt-sept titres, tous en langue française, soit quinze à Bruxelles, huit à Anvers, deux à Liège, un à Arlon, un à Malines. Ne figurent pas dans ce décompte les deux numéros exceptionnels déjà mentionnés, ni d’autres publiés par Anvers-Philatélique, tels que Le Pressophile illustré ou Le Gazettophile , voire, par exception, en flamand, De Gazetverzamelaar (« Le Collectionneur de journaux ») ou De Dagbladvriend (« L’Ami du quotidien »). Le dernier exemplaire connu de cette période effervescente est daté de septembre-décembre 1921 : c’est L’Échange (Bruxelles), « Feuille trimestrielle pour collectionneurs de journaux de la grande guerre (1914-1918) », qui avait dû paraî- tre précédemment avec une périodicité plus élevée puisqu’il porte le n° 50. C’est la première publication spécialisée recensée dans cette étude. Les autres titres s’efforçaient, pour la plupart de couvrir un domaine plus large, touchant même au journalisme et aux journalistes, allant jusqu’à prétendre recueillir « tout ce qui se publie, s’est publié ou se publiera sur la presse dans ces feuilles éphémères qu’on appelle les journaux » (La Presse, 1er mars 1908). Dans ce dernier cas, on touche à la limite du genre en visant sans doute au-delà du public de collectionneurs, puisque ce bimensuel était l’organe officiel du Musée international de la Presse, cette autre création belge de grande envergure (Cf. L’Abeille, n° 4, septembre 2006). Pour les autres pays, un recensement a été fait par le grand collectionneur hollandais Louis Nierijnck (Au Courant, 10e année, n° 3, octobre 1995, brièvement résumé dans Le Petit Jour, n° 58). Il ne mentionne rien avant 1948 et The Newspaper Collector, de San Francisco, qui semble avoir paru au moins jusqu’en 1955. Puis The News, devenu plus tard The Newes, « The Journal of the International Newspaper Collector’s Club », publia cinquante numéros à Phoenix (Arizona) de 1950 à 1979. Toujours aux États-Unis, The Newspaper Collector’s Gazette , sous la houlette de Barbara Stuhlmuller, de San Antonio (Texas), la seule femme qui ait jamais dirigé ce type de publication, parut chaque mois, puis chaque quinzaine, de 1966 à 1975 ; voulant ignorer la concurrence, la Gazette était sous-titrée : « The only hobby, service, and trade journal published regularly in the U.S.A. for collectors of historical news- papers ». Un successeur fut The Front Page, d’Akron (Ohio) (1975-1980), qui était au contraire sous-titré : « Occasional journal for the newspaper collector ». Puis il y eut Masthead, « Journal for teaching history with old newspapers », à Lynn (Massachusetts), dont onze numéros parurent en 1977 et 1978. La création la plus notable fut probablement Collectible News-papers, « Official Journal of the Newspaper Collectors Society of America », à Lansing (Michigan) en février 1984. Ce brillant bimestriel, devenu trimestriel, fut l’une des premières publications entièrement informatisées ; tirée sur imprimante laser, avec de nombreux dépliants, on y trouvait des hors-texte (timbres, journaux, échantillons de papier, hologrammes, etc.), voire des exemplaires personnalisés au nom de l’abonné. Consacrée exclusivement à la presse des États-Unis, surtout ancienne, elle compta jusqu’à 320 abonnés. Puis, un beau jour de 1997, Rick Brown, son unique animateur, fit le compte de l’énergie déployée depuis quatorze ans,... et la transféra sur internet, où elle eut immédiatement 7 000 lecteurs par jour et où elle est toujours visible, chaque mois, sous la forme d’une nouvelle newsletter. Strictement commercial, au contraire, était le très volumineux mensuel Paper Collector’s Marketplace fondé en 1983. Aux Pays-Bas, Oprechte Tydinghe, sous-titré Sincere Times fut fondé en 1960 par L. Nierijnck à Flessingue avec son ami anglais John Frost. Ce bimestriel polycopié de petit format donnait aux collectionneurs des nouvelles de la presse du monde entier, en néerlandais ou en anglais ou quelquefois dans les deux langues. Le dernier numéro, riche de120 pages et de publicités internationales, date de 1970. Plus tard, le VKTV, avec son organe trimestriel Au Courant fondé en 1986 à Emmeloord, eut de plus belles ambitions. Sous-titré en quatre langues « le club européen des collectionneurs de journaux », il pensait alors être unique en Europe. Bilingue anglais-néerlandais, ouvert sur la presse du monde entier, bien documenté, abondamment illustré, imprimé souvent avec un certain soin, le bulletin espérait attirer des collectionneurs à l’échelle du continent. Il n’y réussit pas et dut renoncer au texte anglais en 1995. L’adresse de la rédaction fut déplacée en plusieurs villes, y compris en Belgique. La publication régulière se prolongea jusqu’en 2002, puis fut remplacée par des annuaires dont le dernier date de 2008. Quant au Musée de la Presse d’Amsterdam, il publie quatre fois par an depuis juin 2001 ses Persmuseum Nieuws. En Grande-Bretagne, à part Sincere Times, on connaît seulement les deux numéros de Worldwide Newspaper Collecting and Press History parus en 1970. À moins qu’il ne faille mentionner ici le trimestriel Falling Leaf magazine, organe de la Psywar Society, « association internationale d’historiens de la guerre psychologique et de collectionneurs de tracts de propagande aérienne » fondée en 1958 ? ou The Ephemerist, qui se consacre depuis 1975 à la conservation, l’étude et la présentation d’ephemera imprimés ou manuscrits ? ou encore GNR –Great Newspapers Reprinted – qui dans les années 70 reproduisait intégralement, et à l’échelle, de grands journaux historiques, avec une qualité technique et des commentaires mieux ciblés que ceux des séries comparables dans d’autres pays (À la Une ou Journaux de guerre en France) ? Et que dire de l’Allemagne ? Ce pays, qui a la presse la plus ancienne du monde et la plus riche du continent, compte au moins trois musées spécialisés, à Aix-la-Chapelle (Internationales...), Krefeld (Europäisches...) et Wadgassen dans laSarre (Deutsches Zeitungsmuseum). Dans un ouvrage répertoriant Les journaux du front publié en 1918 par un spécialiste, on trouvait beaucoup d’offres d’échange, d’achat ou de vente émanant aussi bien de particuliers que de marchands spécialisés. Et très nombreux sont encore les collectionneurs si on en juge par l’activité des sites dédiés à cette activité. Et pourtant nous n’avons trouvé nulle trace d’un périodique spécialisé (si ce n’est des titres destinés à un public d’abord intéressé par l’histoire, comme Zeitungen als Dokumente (1973-1974) ou Zeitungszeugen (2009-2010), analogues à À la Une). On peut présumer, sans aucune certitude, que les catalogues des marchands en tenaient lieu, à défaut des articles qu’on pouvait lire dans les publications d’autres pays. « Le Petit Jour », seul Français ! La France aussi, comme nous l’avons vu plus haut, a connu bien des collectionneurs. C’est spécialement à leur intention qu’ont été établies de nombreuses bibliographies spécialisées, notamment après les périodes d’intense bouillonnement telles que la Révolution, 1848 ou la Commune de Paris. Mais nous n’avons rien trouvé qui ressemble à la vague des publications belges. Peut-être Bruxelles ou Anvers ont-ils tenu pour les Français la place qu’occupe habituellement Paris en matière d’édition ? À notre connaissance, un seul périodique français pour collectionneurs peut figurer dans ce répertoire, bien que son public dépassait un peu ce cadre étroit. Le Petit Jour a été fondé en novembre 1980 par Marc Saunier, ancien typographe linotypiste. Sous-titré « Rétrospective des journaux anciens-Variétés-Histoire », il publie sept numéros à très faible pagination jusqu’en novembre 1983. Il devient ensuite en septembre 1984 l’organe de « l’Ajourep, Association des Amis des Journaux et Publications ». Dès lors, les petites annonces de collectionneurs y tiennent une place essentielle à côté de quelques articles historiques, d’un peu d’actualité et, de plus en plus, au fil des années, de reproductions de journaux anciens. La mort soudaine de M. Saunier en mars 1998, au moment où il venait de boucler le n° 55, interrompt la publication pendant douze mois. La nouvelle direction réduit et finira par supprimer de fait les petites annonces qui étaient devenues trop répétitives. Elle entend mettre en perspective l’histoire et l’actualité de la presse, en montrant que les véritables innovations, autres que techniques, sont moins rares qu’on ne pourrait le croire. L’accent est mis également sur la presse étrangère, ancienne ou récente, en faisant appel à une demi-douzaine de collaborateurs réguliers à l’étranger, qui occupent souvent bien plus de la moitié de la pagination (portée à 32 pages, dont quelques- unes en couleur). Mais le succès ne vient pas, il n’y aura jamais plus d’une centaine d’adhérents, faute sans doute d’une démarche assez incisive. On pouvait penser qu’il y a un public potentiel plus important pour ce type de publication, vu la multitude de personnes qui se disent « fortement intéressées » par la presse, mais il faut bien constater que nombre de collectionneurs ou d’amateurs ne s’attachent qu’à un segment très étroit de la presse ; ils ne renouvellent pas leur adhésion à un bulletin généraliste quand ils ont trop longtemps attendu un article spécifique. Il était temps de s’arrêter. Poussé par certains membres, le responsable publie encore avec réticence deux numéros, au lieu de quatre, en 2007. La relève tentée par un membre du bureau de l’association échoue. Le n° 90, en juin 2008, sera le dernier. Le choix des publications « pour collectionneurs de journaux » était difficile. Certaines de celles citées plus haut relevaient sans doute plutôt de l’histoire et de son enseignement, voire de la sociologie. Inversement, d’autres magazines ou revues auraient peut-être mérité d’être mentionnés. Par exemple, pour la France, les nombreuses publications sur la presse ou la critique des médias, d’ Études de presse (dans les années 50-60) au Te m p s des Médias (depuis 2003), en passant par Presse-Actualités [successeur immédiat de l’historique Croisade de la Presse], (1956-1985), trois versions successives de Médias (1980, 2002 et depuis 2004), ou PLPL (2000-2006, remplacé jusqu’en 2010 par Le Plan B). Chaque titre a été, est, utile au collectionneur tant par les informations factuelles qu’il distille sur la vie des journaux que par les études ou enquêtes conduites sur une publication ou un type de presse.
B. G
NOTEZ: cet article est ancien. Il faut donc souligner que des revues gazettophiles françaises ont existée mais ne sont pas nommées. Telles, La Revue des journaux du temps passé, Le Gazetophile qui explore la presse illustrée ancienne. Journaux du XIXe siècles, de la Belle Époque ou des Années Folle. Abondamment illustrée, la presse des XVIIIe et XIXe siècles jusqu’à celle de la Belle Époque ou des Années Folles, est le petit rapporteur de l’ambiance des modes, des villes, des tendances, et de l’actualité. Souvent partiale, parfois satirique, elle traite les sujets avec dérision ou humour. Le magazine Gazetophile a pour ambition de sortir de l’oubli les découvertes, les exploits, les frasques, la mode ou tout simplement les petits et grands événements d’un temps immémorial. Les gravures, exclusivement reprises des illustrés d’origine, viendront généreusement agrémenter le magazine ; des dossiers thématiques, parfois sur plusieurs numéros, compléteront ces revues de presse « à l’ancienne »... (article tiré de "L'Abeille", revue de l'Association des amis de Panckoucke).
Exposition
Exposition
Exposition
Exposition
L'Histoire à plusieurs visage, le réel (toujours redécouvert), le modelé (celui des livres d'écoles pas exemple), celui de la presse (qui va dans le sens du vent).
Revisiter l'Histoire au travers de la Presse écrite permet de découvrir un autre passé et de comprendre que ce qu'on nous dévoile du présent n'est pas à prendre au pied de la lettre. Mais la presse écrite est aussi, et surtout, un voyage dans le temps, dans les idées passées, dans la vie de nos aïeux. Un gazettophile, s'il est passionné de presse écrite, il est autant un passionné d'Histoire et histoires. xposition
Exposition
Exposition
Exposition
Login or Sign Up
Login
Sign Up
Forgot password?
Enter your email and we'll send you reset instructions
Network
My requests
You don't have any notifications
You have no active requests
Please introduce yourself to proceed
My Uploads
Score:
Embed HTML
Many sites and online services, like Google Maps, suggest HTML code (usually iframes) to embed widgets and content on your page.
You can add such HTML widgets in your quizzes.
Please note:
In case pasted code is not just iframe tag it will be wrapped into HTTPS iframe.
Only HTTPS sources for iframes, styles and javascript links are supported.
Non-HTTPS sources will be blocked by the browser and won't behave properly.